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02|03|09, par Admin L’as
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ALEX SEGURA DU FMI
« Le gouvernement sénégalais doit dire la vérité à ses administrés »

La conférence sur la crise économique initiée avant-hier par le Sudes a été une tribune pour en savoir un peu sur les tenants et les aboutissants de cette crise mais également de mesurer les méfaits qu’elle aurait sur nos économies et particulièrement pour l’Afrique. « L’Afrique sera gravement touchée », c’est qu’a indiqué, Alex Ségura, qui avait la tâche de disserter sur les conséquences. Ibrahima Sall, pour sa part s’est expliqué sur leurs natures et les leçons à en tirer. Au grand bonheur des étudiants et représentants d’Ong, qui avaient pour la première fois l’occasion d’interpeller directement le Fmi qui se plait à parler de son rôle, mais jamais de sa responsabilité dans l’échec économique de nos pays.

Le Fmi ne portera pas le chapeau des manquements de nos gouvernants. Encore moins « les fuites en avant de nos gouvernants qui se cachent sous le couvert d’un partenariat avec l’institution » pour mettre tout sur son dos. Pour preuve, contrairement aux discours qui sont servis çà et là par le ministère de l’Economie et des Finances pour refuser de mettre la main à la poche, Alex Ségura pense que l’heure est venue pour le gouvernement de prendre ses responsabilités et de tenir un langage de vérité à ses administrés. Pour bien des raisons. « Le Fmi n’a jamais dit qu’il ne fallait pas subventionner les syndicats », a-t-il précisé. Avant d’en venir à la question de Moussa Dembélé (membre d’une Ong ) qui n’a pas mis de gants pour le regarder dans les yeux, avant de lui balancer : « Voilà des années que le Fmi nous conseille, nous dicte notre politique mais le Sénégal est plus pauvre que jamais ». Une remarque qui le mettra tout rouge de colère pour dire : « Je pense qu’il y a une mauvaise compréhension de ce que fait le Fmi. Je suis d’accord que des erreurs ont été faites mais de là à servir toujours le même discours, non. C’est dépassé. Nous avons demandé au gouvernement, à votre gouvernement de protéger les dépenses sociales ». Encore que, fait-il savoir, « nous pouvons nous tromper ». Mais, en ce moment ce sera de bonne foi. D’autant que « je suis tout à fait d’accord quand vous dites que les conditions fixées par le Fmi sont difficiles, encore qu’elles ont beaucoup été allégées. Mais, en quoi l’organisme s’est-il trompé quand il essaie d’apporter plus de financements ? ». « Je pouvais me complaire dans un discours de langue de bois attribué aux diplomates », a-t-il dit. Seulement, vu l’importance de sa mission, dit-il, « je joue mon rôle d’alerte et je ne crains rien en dénonçant certaines informations publiques. D’ailleurs, ce n’est pas en vous prenant à tout va à l’institution que des solutions vont être trouvées. Des critiques faciles, il y en aura toujours », a-t-il reconnu. Toutefois il faudra que les gens comprennent que les organismes ne sont pas appelés pour leurs beaux yeux. « Les Etats nous appellent parce qu’il y a des problèmes. Ce n’est pas nous qui les gérons, ils font appel à nous parce qu’ils ont des problèmes. Maintenant, si vous essayez de brûler des sapeurs-pompiers… »

Ibrahima Sall : « Nous avons une économie de parasites, fait de prédateurs de ressources publiques »

Après avoir rappelé le contexte dans lequel le Fmi a été institué et les trois missions de départ qui lui ont été assignées, l’ancien ministre du Budget, Ibrahima Sall pour sa part a axé ses conclusions sur le fait que le Fmi n’est pas le seul à être comptable de la situation chaotique dans laquelle patauge notre économie. Mieux, à la place de la relance prônée par certains, il est d’avis que « la responsabilité nous incombe à tous. Par exemple sur le plan des infrastructures, l’Etat a préféré injecter des milliards sur une route qui ne concernerait que 2 % de la population ». Encore que là n’est pas la priorité. Selon lui, la priorité pour notre économie, c’est la construction. « Il faut aller dans le fond et reconstruire l’économie. Je suis de ceux qui pensent que le pouvoir d’achat n’est pas la priorité. Un pays avance par des formes de production, sinon, on va vivre au jour le jour et se taper dessus », a-t-il dit. Avant de dénoncer la facilité qui semble être le dénominateur commun des Sénégalais. « Nous avons un pays qui se plait à renvoyer toutes les choses difficiles. Nous aimons la facilité. Sinon, comment comprendre que des professeurs refusent d’être évalués, que des élèves déterminent les conditions dans lesquelles ils doivent passer leurs examens, que 40 % de notre budget soit injecté dans l’éducation et qu’on n’en voie pas les fruits ? Il faut être courageux, travailler plus et prendre ses responsabilités ». Mais, pour que cela se fasse, à son avis, il faut que tout le monde accepte de mouiller le maillot. Prenant l’exemple d’une cinquantaine de « courtiers » qui tournent autour des édifices, sans compter les partisans du moindre effort qui roulent à bord de « Touareg », il dira que « nous avons une économie de parasites fait de prédateurs de ressources publiques. Le fait de payer les salaires est devenu une exception, pas la régle. Et ce n’est pas possible pour un pays qui a choisi la prise de risque comme modèle ».

Madou MBODJ


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