La fin du jeu de ping-pong entamé suite aux problèmes liés à la gestion des inondations n’est pas pour aujourd’hui. Si ce n’est pas le gouvernement qui monte au créneau pour « fusiller » les maires, c’est l’inverse. Et, la dernière en date vient de la conférence des leaders du Benno. Dans une déclaration qui nous est parvenue hier, les camarades de Dansokho estiment que dans ce dialogue de sourds, les populations doivent prendre à présent toutes leurs responsabilités. Sans quoi, ce sont elles seules qui risquent de trinquer.
Le Gouvernement peut d’ores et déjà commencer à implorer le ciel pour que la volonté des leaders du Benno ne soit pas exaucée.Sinon, il aurait fort à faire avec les populations à qui, ils demandent de verser dans le maquis pour sortir la tête de l’eau. Dans une déclaration signée du Benno, ils expliquent leurs positions par le fait qu’au moment où « les maires des communes concernées et le Président du conseil régional de Dakar s’évertuent à trouver des remèdes au profond émoi dans lequel sont plongés les populations exposées, le Gouvernement, par contre, se passionne à grossir cette controverse à savoir se dégager désormais de la gestion des inondations ».
Pire, font-ils savoir, « dans cette ambiance délétère, c’est la discordance manifeste dans les positions des tenants du pouvoir central vis-à-vis de la question : l’attitude affichée n’est pas la même d’un ministre à un autre. Selon les plus nombreux, la gestion des inondations relève dorénavant des collectivités locales. Les autres, dont le ministre en charge de la Décentralisation, estiment, par contre, que sa prise en charge doit être partagée entre l’Etat et les collectivités locales.
Le porte-parole du Président de la République tente d’expliciter la position de la présidence de la République, en clamant aux Sénégalais que l’Etat n’interviendrait désormais sur cette question que lorsqu’une inondation est provoquée par une pluie exceptionnelle, ayant dépassé la normale, celle-ci étant la moyenne des pluies enregistrées sur un cycle de 30 ans ».
Seulement, cette polémique aussi « inédite que stérile », à les en croire, traduit-elle un dépit des responsables de la mouvance libérale, provoqué par la meurtrissure de la récente débâcle électorale subie par la Coalition Sopi notamment dans les banlieues dakaroises ? Ou dissimule-t-elle un piège dont le but est purement électoraliste dans un futur pas lointain ? Quoi qu’il en soit, les leaders sont formels : « gouverner c’est aussi prévenir et gérer les crises. C’est pourquoi les leaders de Bennoo Siggil Senegaal estime qu’il faudrait sortir l’effroyable réalité des inondations de la banlieue dakaroise aussi bien du jugement stérile que du raisonnement étroit. Car ce mal enfonce chaque jour davantage les populations dans la pauvreté ».
Et pour ne pas qu’elles continuent d’y être, la Conférence des leaders de Benno Siggil Senegaal « exhorte également les populations en proie à l’envahissement des eaux, où qu’elles se trouvent, à s’organiser autour de leur édile en vue de réclamer sans délai au Gouvernement la reconnaissance explicite que cette question relève de l’Etat au premier chef. L’objectif de cette bataille est d’engager une vaste et vigoureuse mobilisation autour de cette question afin de faire infléchir l’attitude de désinvolture de l’Etat devant cette situation ».
Madou MBODJ