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CHEIKH SARR, SG DE NIAX JARINU, MOUVEMENT POUR L’ALTERNANCE GÉNÉRATIONNELLE
« Il n’existe pas d’opposition républicaine ; soit on est opposant, soit on tire sa révérence et… »
On peut tout lui dénier, sauf son franc-parler. Le secrétaire général de Niax Jarinu est convaincu, aujourd’hui plus qu’hier que c’est sur le terrain et non dans les salons que Benno pourra se défaire de Wade. Cheikh Sarr, qui déclare à qui veut l’entendre qu’il n’existe pas d’opposition républicaine, est formel : « soit on est opposant et on se donne les moyens pour combattre le pouvoir, soit on tire sa révérence et on va jouer à autre chose ». L’As : Niax Jarinu va vers la tenue de son second Congrès. Dans quel état d’esprit préparez-vous cette rencontre ? Cheikh Sarr : Les 29 et 30 mai prochains, Niax Jarinu/Mouvement pour l’alternance générationnelle va organiser son deuxième congrès ordinaire, suivant les textes du parti, qui stipulent que tous les cinq ans, il faut aller à cet événement. Nous y allons avec la satisfaction d’avoir franchi un pas. Ce n’était pas évident que, lorsqu’il y a eu l’éclatement de Niax Jarinu en 2004, le Niax Jarinu puisse se retrouver dans cette situation où de plus en plus, on est représenté dans beaucoup de départements. Mieux, les élections locales nous ont permis d’avoir une quarantaine de conseillers avec beaucoup d’adjoints au maire ; et le parti est de plus en plus attractif, car les deux axes sur lesquels repose Niax Jarinu sont le combat pour l’alternance générationnelle et le combat pour la banlieue. C’est ce qui explique le thème du congrès, qui s’intitule : « le Niax Jarinu face à la recomposition politique : enjeux et perspectives ». Êtes-vous candidat à votre propre succession au poste de secrétaire général du Parti ? Effectivement ! Car nous avons mis en place un parti jeune, nous pensons qu’il faut consolider les acquis. On est né à la suite d’un combat, qui continue toujours, et nous pensons qu’il faut maintenir les structures du Parti comme telles, accueillir de nouveaux responsables, s’ouvrir à de nouveaux militants. Mais nous ne pensons pas que des transformations de base soient opportunes. Même si le Congrès, étant souverain, pourra décider que je ne sois plus le secrétaire général. Notre philosophie reste la même : celui qui se bat le plus, devra être devant. En d’autres termes, pendant ce Congrès, si les camarades considèrent qu’il y a un autre responsable du parti qui a plus donné que moi-même, il n’y aura pas de raison que je sois choisi à la tête de Niax Jarinu. Et je vais me ranger derrière celui qui sera choisi. Vous avez récemment intégré le groupe de contact de Benno. Quel impact votre cooptation dans ledit groupe pourrait avoir au sein de l’opposition ? Le groupe de contact a été mis en place lorsqu’il s’est agi de faciliter les négociations pour les investitures, lors du choix des maires. Mais puisque Benno s’agrandit ; en élargissant ses bases, il a besoin de se réorganiser. C’est dans ce cadre que la Conférence des leaders, la seule structure habilitée à prendre des décisions, a pris cette mesure consistant à renforcer le groupe de contact. La particularité de Talla Sylla et moi, c’est que nous sommes des jeunes, Aly Aïdar est un écologiste, Landing Savané n’appartenait ni au Front Siggil Sénégal ni aux Initiatives citoyennes pour la République et Mamadou Lamine Diallo aussi a sa particularité. Quelle perception avez-vous de la manière de s’opposer de Benno à Wade ? On a la certitude, à Niax Jarinu, que c’est sur le terrain, qu’il faut battre Wade. Même si la théorie doit éclairer la pratique, il n’en demeure pas moins que Benno doit multiplier les actions de terrain, c’est-à-dire les marches et les contacts avec les populations. Il faut certes se réunir, mais il faut aller vers les populations, tâter le pouls de leurs affres quotidiennes et trouver également Wade sur le terrain, quand il le faut. Êtes-vous de l’avis de ceux qui pensent qu’une opposition républicaine ne saurait tordre le bras à Wade sur des questions d’une importance capitale ? J’ai la conviction que ce terme d’opposition républicaine nous lie trop. Il y a une opposition ou il n’y en a point. Il n’existe pas d’opposition républicaine ou anti-républicaine. Soit on est opposant et on s’oppose avec les moyens à sa disposition, soit on tire sa révérence et on va jouer à autre chose. C’est pourquoi, s’il est utile d’attaquer Wade comme nous l’avions fait le 3 Avril dernier, en lui disant qu’il pleuve ou neige, nous marcherions, il faudra le faire. Il faut que les leaders de Benno comprennent que la conquête du pouvoir, dans l’intérêt des populations, est une question primordiale. Cela veut dire que si à chaque fois que Wade nous interdit d’investir la rue, nous restons à la maison, nous ne réussirons rien avec Wade. Il faut que l’opposition soit plus agressive, pour que l’Etat de droit soit restauré. Benno est minée par des divergences de vue, concernant la candidature unique ou plurielle. Est-ce que cela ne risque pas de fragiliser le bloc ? Benno, c’est 40 organisations qui n’ont pas le même vécu, la même façon de fonctionner et de penser. Donc, il est tout à fait normal qu’il y ait 40 positions différentes sur beaucoup de questions. Maintenant, il faudrait que Benno ait l’intelligence de rendre positive cette somme de contradictions que vous qualifiez de diversités d’opinions. Et déjà le 6 Juin, nous allons vers un Séminaire qui nous permettra de discuter du cadre institutionnel et des hommes. À quel type de candidature êtes-vous favorable ? L’option de Niax Jarinu est pour la candidature unique, mais sur la base d’un accord à mettre en place. C’est-à-dire définir un certain nombre de critères pour choisir le candidat. Mais quel que soit le candidat qui sera choisi, il ne sera pas le chef, mais plutôt un manager d’une équipe qui sera constituée par tous les partis et membres de la société civile qui se battront pour que Wade s’en aille. Maintenant, si Benno ne peut pas, pour des raisons objectives, avoir un candidat, il faut envisager la mise en place d’une candidature plurielle que Benno portera sur la base des conclusions des Assises nationales. Aussi, il faudrait que le nombre de candidats ne dépasse pas trois au maximum, qui prendront des engagements publics devant le peuple, qui en sera le garant. Ne craignez-vous pas que les récents échanges entre le Ps et l’Apr puissent déteindre sur l’unité du groupe ? En réalité, si on voit les conditions dans lesquelles l’Alliance pour la République est née, on peut comprendre que son leader puisse afficher des positions. Il faut lui concéder qu’il est dans le Benno, qu’il va participer au prochain Séminaire de l’opposition et s’engager à respecter les conclusions qui sortiront de ces Assises-là. L’essentiel, c’est de trouver un accord d’une candidature unique ou plurielle. On assiste, ces derniers temps, à une floraison des Mouvements citoyens. Comment appréciez-vous la récente sortie de l’ex-ministre des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio ? Nous sommes obligés d’accepter ce que Bara Tall, Youssou Ndour et Cheikh Tidiane Gadio disent, car ils ont comme dénominateur une volonté commune de combattre Wade et son régime. Pour restaurer l’Etat de droit. Notre parti est l’une des très rares organisations à n’avoir pas voté, à l’époque, la Constitution de 2001, parce qu’il avait flairé les écarts de Wade. Si ces Mouvements qui naissent ont pour objectif de renforcer la citoyenneté, tant mieux ; mais il faudra que leurs animateurs prouvent qu’ils sont venus se battre contre l’ennemi commun. Propos recueillis par Daouda THIAM
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